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Le pape Léon XIV exhorte l'Angola à surmonter ses divisions devant 100.000 fidèles
information fournie par Reuters 19/04/2026 à 14:51

(Actualisé avec l'arrivée du pape en Angola)

par Yesim Dikmen et Joshua McElwee

Le pape Léon XIV a exhorté dimanche les Angolais à surmonter leurs divisions après des décennies de conflit sanglant, à l'occasion d'un discours prononcé devant environ 100.000 personnes, venues assister à une messe sur un terrain vague près de la capitale Luanda.

Il a enjoint l'assemblée à "construire ensemble un pays où les anciennes divisions seront surmontées une fois pour toutes, où la haine et la violence disparaîtront."

Juste après avoir obtenu son indépendance du Portugal, l'Angola a été plongé dans une guerre civile entre 1975 et 2002, qui a fait entre 500.000 et 800.000 morts.

L'Angola est l'un des principaux pays producteurs de pétrole d'Afrique subsaharienne, mais sa population de 36,6 millions d'habitants est toujours confrontée à une extrême pauvreté, avec plus de 30% des habitants vivant avec moins de 2,15 dollars par jour, selon la Banque mondiale.

Plus de la moitié de la population se déclare catholique.

L'Angola est le troisième pays d'Afrique que visite Leon XIV lors de sa tournée de dix jours sur le continent, qui a notamment été marquée par de vives critiques que lui a adressées l'administration américaine.

S'adressant aux journalistes à bord de l'avion papal en route vers l'Angola samedi, le pape avait cherché à minimiser son différend avec le président américain Donald Trump, affirmant que la couverture médiatique des propos qu'il a tenus jusqu'à ici "n'a pas été exacte à tous les égards."

Le premier pape originaire des Etats-Unis avait ajouté que ses déclarations d'il y a deux jours au Cameroun, disant que le monde était "ravagé par une poignée de tyrans", ne visaient pas Donald Trump.

NOTION DE "GUERRE JUSTE"

Ce discours, a précisé le pape, "a été préparé il y a deux semaines, bien avant que le président américain ne fasse le moindre commentaire à mon sujet ou sur le message de paix que je promeus".

Donald Trump a multiplié les critiques à l'égard de Leon XIV au cours de la semaine écoulée, le qualifiant dimanche dernier de "faible" à propos de la criminalité et de "mauvais" en matière de politique étrangère.

Ces commentaires surviennent après que le pape, connu jusqu'ici pour peser soigneusement ses mots, a émergé comme un détracteur de premier plan de la campagne militaire en Iran lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël.

Le vice-président américain J.D. Vance, qui a également critiqué Leon XIV, lui donnant même des leçons de théologie autour de la notion de "guerre juste" de Saint-Augustin alors que le pape est un des spécialistes d'un de ces pères de l'Eglise, a salué les propos de son compatriote.

"Je suis reconnaissant au pape Leon XIV d'avoir dit cela", a déclaré J.D. Vance sur le réseau social X.

"Le discours médiatique attise constamment les conflits - et oui, il y a eu de réels désaccords et il y en aura encore - mais la réalité est souvent bien plus complexe", ajoute-t-il.

Léon XIV avait dit lundi à Reuters qu'il continuerait de s'exprimer sur la guerre en Iran, ce qui la valu de nouvelles critiques de Donald Trump mardi.

"Cela a été perçu comme si j'essayais de débattre avec le président, ce qui n'est absolument pas dans mon intérêt", a dit le souverain pontife.

Des dizaines de milliers de personnes se sont pressés vendredi autour d'un stade de Douala, la plus grande ville du Cameroun, pour assister à une messe célébrée par le pape Léon.

Il a déclaré à cette occasion que le continent africain "devait se libérer du fléau de la corruption", s'attirant les acclamations du public.

(Version française Benoit Van Overstraeten)

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